A l'invitation de Niklas (à gauche) et Anna (au centre), je suis allé passer quelques jours en Suède. Il y avait également Enrico (à droite) qui arrivait tout droit de Berlin. Nous nous sommes rencontrés sous le soleil d'Arizona, il y a quelques mois.

Les Suédois sont étranges :
Ils sont pacifistes ...
Ils n'ont pas tué leur roi ... ce qui leur donne une fort jolie princesse de carte postale.

Ils se sont séparés de la Norvège pacifiquement à une époque où le reste de l'Europe ne devait même pas connaitre le mot, en 1905. Ils ne parlaient pas tout à fait la même langue (même s'ils se comprennent), c'est vous dire !! On a eu beau leur dire avec l'ami Enrico qu'ils s'étaient faits avoir par la Norvège qu'a pris tout le pétrole. Ils nous ont répondu qu'à l'époque on ne savait pas. On leur a dit que c'est bien pour ça qu'il fallait pas la lâcher, la Norvège, en tous cas pas pacifiquement : le principe de précaution. On leur a expliqué l'Alsace et la Lorraine. Mais y avait rien à en tirer.
... et tolérants.
Une gay pride était prévue quelques jours plus tard et tout les bâtiments les plus officiels, les bus... avait revêtu les couleurs de l'arc en ciel.

Ces considérations générales établies, il a fallu faire les courses pour préparer la randonnée.
On a acheté du pain.

Pour les crevettes, on a hésité : en vrac

ou en tube

Et puis avec les fruits et les légumes et au cas où on aurait été pris par l'hiver on a acheté des vitamines C.

Pas moyen d'acheter de l'alcool dans les supermarchés. C'est vendu par une chaîne de magasin d'Etat.

Ensuite, on a pris le train pour faire les 1500 kilomètres qui nous séparaient de Gallimare, au-delà du cercle polaire. Il y avait des travaux sur la voie. Léger retard, on a mis 22 heures depuis Stockholm ou lieu de 17.

Le bus nous a lâché dans un endroit très sympathique. Il ne nous restait plus qu'à relier Nikkaluokta en passant par le Kebnekaise, sommet de Suède et ses 2200 mètres. Nous prévoyions 5 jours.

Et pendant deux jours, on a remonté des vallées

traversé des lacs à la rame

et franchi des rivières

Et nous voilà rendus au pied du Kebnekaise, où on loupe de peu le père Noël.

L'ascension a commencé dans les cailloux

s'est poursuivie dans la neige

et le finish avait des allures d'alpinisme.

Arrivé en haut, on a pu profité d'une vue sublime, privilège rare au Nord de la Suède.
Mais, il a bien fallu descendre avant l'hiver
à pied

ou en luge.

C'est bien la première fois que mon sac à dos me fait aller plus vite...
Avant dernier bivouac, dans un cadre sympa comme toujours

Et puis on a pris le bateau

A l'arrivée duquel nous attendaient des rênes

au lapdonalds, entre deux tranches de pain.
C'est là que ma route s'est séparée de celles de mes copains qui rentraient vaquer à leurs occupations. Je me suis établi pas très loin de là pour pouvoir profiter du café et des cookies de ce petit bouiboui. Ermite mais pas trop...

Là, j'aurais pu rester à regarder les oiseaux et contempler la course des nuages sur le Keb,

et faire du feu pour cuisiner et sécher mes fringues. A ce propos, je ne m'étendrai pas sur la météo lapone. Elle nous a fait l'honneur d'un temps formidable au sommet du keb et comparée à la météo écossaise que j'aurai l'honneur de découvrir par la suite... Défense de critiquer.

Mais, le patron du Lapdonalds m'avait dit, si tu pêches une truite de 3 kilos, amène-là, on la mettra sur le grill. C'était un défi. Je me suis mis à pêcher comme un fou... des ombres de fort belle taille.

des truites, malheureusement jamais grosses

et un jour, une grosse touche :

un brochet!! Dans les trois kilos. Je l'amène aussi sec au grill. Je savais bien que ça ne valait pas une truite du même poids mais j'étais content de mon coup quand même. Et là patatra, Andreas, le patron se montre très surpris qu'on mange de ce poisson en France. Il accepte de me le cuisiner à la condition que je lui promette de remettre à l'eau le prochain, après lui avoir tordu le coup. Il m'explique que c'est un prédateur, qui chasse dans les eaux stagnantes, à la différence de la truite qui vit en eaux vives. Il n'est donc pas bon à manger. J'ai même eu droit à "c'est comme un alligator". En suède, il y a le bon prédateur et le mauvais prédateur.
J'étais pas terrassé ... mais pas loin quand même. Vive la découverte des autres cultures. Il me restait quelques jours pour réfléchir au poids des représentations dans les échelles gustatives nationales. Je pensais aussi à la différence entre ce que j'ai vu de la cuisine suédoise, très simple, poisson, cuit en papillote, étalé avec du sel sur un morceau de pain et la sauce au beurre blanc française qui donneraient du goût aux pierres.
Je continuais à pêcher mais la pluie s'est emmêlée, mon moulinet s'est mis à déconner (oh non je cherche pas d'excuse). J'ai quand même aperçu un élan et j'étais bien content qu'il soit de l'autre côté de la rivière parce que les empreintes de ce côté-ci étaient pas rassurantes.

Bref, il était temps d'aller se rincer le gosier en Ecosse.