jeudi 2 septembre 2010

Canoé en Suède

Le mois de juillet avait été pluvieux. Courageux mais pas téméraires, nous remisions nos projets de descente de rivière pour un petit tour sur lac Törne.

Nous nous mettions à l'eau à Abisko et sa vallée glaciaire


Le bateau était bien vite baptisé


Nous laissions le canoé quelques heures pour nous balader dans le parc national d'Absiko,


dans les montages norvégiennes,


et nous pêchions quelques jours une charmante rivière


et vérifiions l'attraction des truites sauvages pour les pêcheurs néophytes allemands.


Ok je faisais la gueule.

Le beau temps était là, la rivière baissait, les pieds étaient fatigués des marches au bord de l'eau, les moustiques étaient rassasiés. Il était temps pour nous de revenir à nos projets originels.

Vint ce jour béni des Dieux où partis de bonne heure, nous pagayions vent dans le dos, attrapions un train,
ravitaillions à Kiruna et stoppions un bus qui nous déposait enfin à la rivière. Il était cinq heures. Nous nous éloignions de la berge et je laissais trainer un leurre derrière le canoé. Quand soudain, Il mordit.


Au terme d'un combat homérique,

je Le sortais de l'eau, énorme, magnifique.


Saumon, truite de lac, qu'importe...

Immédiatement, me revienrent en mémoire les heures sombres, les heures noires. Dans la Drôme ou les Hautes Alpes. Les truites de 200 grammes quand nous étions 6.

Le bivouac était magique


Nous étions deux.


L'âme du saumon, qui monte et descend la rivière à sa guise, devait nous prendre.

Le lendemain, dans le premier rapide,


Enrico cassait sa pagaie.

Nous en déduisions que nous avions mangé une vieille truite de lac.

Et nous tentions une analyse des causes de la mésaventure :
1. Toujours avoir une pagaie de rechange. C'est écrit dans les livres. Ne pas écouter le vendeur qui dit n'en avoir jamais cassé une. Lui, il est bon.
2. Porter le canoé quand le rapide est un peu difficile (là c'était le premier, on n'avait pas tellement de référence).
3. Se mettre dans les cales genoux pour éviter d'être en vrac dans le bateau la première secousse venue là où tu es censé diriger fermement (ok au début tu te dis les cales genoux, si le bateau se retourne et je coince genre une sandale, je peux bien faire la quille 5 kilomètre avant de me défaire (ou pas)).
4. (spéciale dédicace Enrico) quand ton petit copain derrière, celui qu'est censé diriger le bateau, il est cul par dessus tête et que tu vois arriver un gros caillou à 800 km/heure et ben t'essaye même pas de le repousser avec la ... pagaie.

Mais, nous ne nous laissions pas abattre pour autant et de nos mains d'ébénistes chevronnés naissait le double à l'identique de la défunte pagaie.

Clône que nous devions abandonner 2 jours plus tard pour une ravissante rame finlandaise acheté dans la station essence d'un improbable village lapon (c'est comme ça la Laponie).


La rivière se déroulait. De rapides

(là on a porté)

en rapides

(là on est passé)

Nous avions même la chance de voir un élan

et décidions de ne plus boire l'eau de la rivière.

De couchers de soleil,


en couchers de soleil.


De pauses café
en hûtes aménagées pour les pêcheurs,


avec bois sec dans la cabanne d'à côté pour faire un gros feu, le miracle suédois.

Mais ne s'échappe pas de Paris qui veut


Et il fut temps de reprendre le train, 12 heures pour Stockholm puis 24 heures pour Paris...


Le souvenir du poisson dans un coin de ma tête, je rentrais à Paris persuadé d'être accueilli comme il se doit, en héro. Hélas, ce furent les quolibets, une jolie perche soleil (Julien C), si le poisson avait sauté dans le bateau (mon frère), si j'avais organisé un lâché de truite en Suède (Sophie L.), etc, etc...