Après le Rio Santa Cruz et une pause sur la péninsule Valdès, nous retournions dans les Andes près de Esquel (pour les filles, c'est où Florent Pagny a son ranch) et jetions notre dévolu sur les affluents du Rio Futaleufu. Une rivière qui se jette dans le Pacifique après d'impressionnants rapides, véritable Mecque du kayak mondial. Nos ambitions étaient plus modestes.
Arrivés à Cholila, nous ne pouvons que constater que le lago Cholila est encore distant de 15 km. Nous prenons donc un taxi, non sans avoir au préalable englouti un steack, les séquelles du rio Santa Cruz... Le bouiboui ravit d’ailleurs aux trains suédois le titre du plus mauvais café, un instantané en sachet, dans le classement que nous tenons rigoureusement à jour.
Nous arrivons au lago Cholila, paradis des pêcheurs à la mouche, quoique désert ce jour-là, paradis tout court si bien que nous décidons d’y passer la fin de l’après-midi.

Nous en profitons pour jeter un coup d’œil au règlement de la pêche en Patagonie probablement écrit par les poissons eux mêmes, remise à l’eau obligatoire quasiment partout, ou par le lobby des agences de voyages de pêche, pêche à la mouche seule autorisée en bien des endroits. Je range le règlement bien au fond du sac.

Après une douche prise dans le créneau horaire imparti, seul moment de la journée où la chaudière à bois est mise en route,

vient le moment du départ. Nous naviguons tranquillement quoi qu’avec un puissant vent dans le dos. L’eau est claire et profonde,

nous faisons quelques haltes pêche et une jolie truite, qui nous l’espérons, en appellera d’autres, vient agrémenter le dîner.

Arrivés à Cholila, nous ne pouvons que constater que le lago Cholila est encore distant de 15 km. Nous prenons donc un taxi, non sans avoir au préalable englouti un steack, les séquelles du rio Santa Cruz... Le bouiboui ravit d’ailleurs aux trains suédois le titre du plus mauvais café, un instantané en sachet, dans le classement que nous tenons rigoureusement à jour.
Nous arrivons au lago Cholila, paradis des pêcheurs à la mouche, quoique désert ce jour-là, paradis tout court si bien que nous décidons d’y passer la fin de l’après-midi.

Nous en profitons pour jeter un coup d’œil au règlement de la pêche en Patagonie probablement écrit par les poissons eux mêmes, remise à l’eau obligatoire quasiment partout, ou par le lobby des agences de voyages de pêche, pêche à la mouche seule autorisée en bien des endroits. Je range le règlement bien au fond du sac.

Après une douche prise dans le créneau horaire imparti, seul moment de la journée où la chaudière à bois est mise en route,

vient le moment du départ. Nous naviguons tranquillement quoi qu’avec un puissant vent dans le dos. L’eau est claire et profonde,

nous faisons quelques haltes pêche et une jolie truite, qui nous l’espérons, en appellera d’autres, vient agrémenter le dîner.

Le lendemain, nous levons le camp assez tard, après une partie de pêche infructueuse.

La rivière fait des méandre mais l’embouchure dans le lago Rivadavia, vent de face, est un vrai calvaire. Le spectacle est magnifique, les vagues déferlant à perte de vue, et nous décidons d’en rester là, écourtant sérieusement l’étape que nous commençons à peine.

Inutile de tenter la traversée du lac dans ces conditions. Nous mettons toutefois à profit l’après-midi pour parcourir à pied les 6 km qui nous séparent de l’entrée du parc national Los alerces

et nous enquérir des différents règlements à connaitre et à observer. Nous apprenons qu’il nous faudra nous acquitter d’un droit d’entrée dans le parc, qu’une autorisation nous sera donnée pour la descente en canoë et que le bateau qui n’a navigué que sur le Rio Santa Cruz, rivière exempte de la redoutable algo Didimo, échappe à la désinfection. Nous partons, rassurés, pour un dîner sans poisson.
Nous nous levons ravis de constater que le vent est tombé. Une magnifique brume baigne le lac.

Hélas, une fois au bord de l’eau, prêts à larguer les amarres, le vent reprend de plus belle. Nous trainons tristement le bateau jusqu’à ce qu’il n’y ait plus que le lac face à nous. Nous nous retrouvons alors face à nos vieux démons. Le cap pris pour cible une demi-heure auparavant toujours aussi petit et qui, une fois à portée de bras, demande encore un bon quart d’heure pour être dépassé. Les muscles en feu, je médite, au moins j’essaie, sur la longueur du canoë. La légende veut qu’il s’agisse d’un compromis entre glisse (plus une embarcation est longue plus elle glisse sur l’eau) et maniabilité (un canoë trop long n’est pas manœuvrable). Je trouve une explication plus prosaïque. La longueur du canoë est à mon sens avant tout destinée à préserver votre coéquipier d’un violent coup de pagaie, coup de pagaie lui signifiant votre mécontentement quant à l’énergie qu’il met dans la propulsion du bateau. J’envisage bien un lancée de pagaie puis y renonce à la perspective de perdre pagaie et coéquipier. Je me calme, et me fais plus philosophe. Enrico ne doit pas mettre moins d’énergie que moi, comme il doit tout autant douter de celle que je dispense. D’ailleurs, ne jette-il pas de petits coups d’œil par dessus l’épaule de temps à autres, m’imaginant surement en train de me tourner les pouces ? Nous avons la sensation de reculer.
Le vent faiblit, nous arrivons à l’entrée du parc national. Nous payons le droit d’accès, nous enregistrons pour la descente, pas de rapide, juste des passages un peu étroits, nous disent-ils, et nous voyons remettre un règlement de pêche additionnel incroyablement complexe et une prévision météo pas facile facile, non plus.

Nous reprenons notre avancée, le vent toujours de face, et arrivons dans un camping au paysage idyllique.

Nous nous jetons sur l’épicerie (la combinaison d’ordinaire bien tendue recommence à faire des plis).
Nous mettons les voiles au matin, non sans avoir demandé au patron de prévenir les rangers de notre départ par radio. La rivière, émeraude, est magnifique.

Nous ne tardons par à comprendre le sens de la réglementation halieutique pour le moins restrictive. Des truites partout. Pas une seule petite. D’ailleurs, nous dépassons bientôt des pêcheurs à la mouche, juchés sur un rafting à fauteuils de dactylos. Nous enchainons les quelques rapides, effectivement étroits parce que jonchés d’arbres morts dressés au milieu du lit. D’ailleurs, nous nous frottons de trop près à l’un d’entre eux et mon sac étanche doit succomber, déchiré par une branche qui a résisté à notre joyeuse dérive dans un courant mal négocié.

Néanmoins heureux de ne pas avoir ladite branche dans l’estomac, nous atteignons le lago verde, passons à la maison des rangers pour nous déclarer toujours en vie et déjeunons. L’image du paradis (pour moi au moins), un lac (mais pas trop grand, 3 km pas plus), un canoë, des truites (un allemand ?)... Nous poursuivons après une sieste

sur ce rivage idyllique.

Le camping sauvage est interdit dans le Parc national. Aussi, nous débarquons en fin d’après-midi dans un de ces charmants campings agrestes avec notre pêche du jour, une jolie truite de 2 kg.

En cette fin d’été, le camping a été vidé de toute trace de bois mort par les estivants qui nous précédent et nous traversons la rivière pour un chargement de bois sur l’autre rive.

Notre amour propre en prend un coup au retour quand, incapables de faire partir le feu avec les moyens du bord, nous devons exhumer du fond du sac un start fire que nous n’avons jamais utilisé, même en Laponie (merci l’écorce de bouleau, magique). Mais après tout ne sommes-nous pas dans une forêt humide ? Il nous reste un demi oignon de la veille. La truite en papillote, quelques bières, le paradis en version nocturne…

Comme il se doit, une journée idyllique précède une journée difficile et nous délaissons le canoë pour une randonnée. Sur le chemin, nous trouvons l’embarcadère du bateau pour la forêt d’alerces millénaires qui a donné son nom au parc national. Nous attendons un bon moment avant de nous entendre dire sans ménagement que la bateau est complet. Il est trop tard pour entreprendre l’ascension dont, de toutes façons, nous ne trouvons pas le départ.

D’ailleurs la météo se dégrade. Nous en sommes réduits à arpenter le chemin botanique du parc national (fort bien fait au demeurant) et à apprendre, dictionnaire en main, l’usage que faisaient les indiens mapuches de tel ou tel arbre.

A 3 heures, nous pensons au dîner et décidons d’aller pêcher. Nous prenons deux jolies truites et pensons avoir conjuré le mauvais sort mais nous nous perdons dans la remontée. Nous arrivons à bout de force au camping et, ultime déchéance, achetons du charbon de bois.
La nuit a été pluvieuse et c‘est un délicieux moment que d’enfiler la combinaison trempée le lendemain. Le vent nous est favorable et soulève de jolie vagues sur lesquelles nous essayons de surfer (enfin surtout Enrico, moi je bataille pour garder le cap…). Le vent se calme et le pique-nique est sympa au milieu des arrayanes, ces arbres à l'écorce orange (un fort bon combustible d'ailleurs).

A 4 heures, nous finissons notre étape, un peu plus loin que prévu. Un campamento (pas de table ni de sanitaire, aucun équipement si ce n’est … des emplacements pour le barbecue. N’est pas argentin qui veut…) désert nous attend. Une tentative de pêche infructueuse dans le lac

et une petite marche jusqu’à l’épicerie du prochain camping. La traversée de la Patagonie en autonomie est bien loin…
Pour notre dernier jour, nous partons alors que la pluie commence à tomber. Le vent souffle.

Nous sommes ballotés jusqu’à Villa Futalaufquen d’où, sous la pluie battante, nous attendons le bus pour Esquel.

De jolies douleurs dans les lombaires, nous nous promettons de jeter un coup d’œil aux étirements conseillés pour la pratique du canoë. Arrivés à Esquel, la patronne du camping nous propose une chambre en raison des fortes pluies attendues. Nous acceptons.

La rivière fait des méandre mais l’embouchure dans le lago Rivadavia, vent de face, est un vrai calvaire. Le spectacle est magnifique, les vagues déferlant à perte de vue, et nous décidons d’en rester là, écourtant sérieusement l’étape que nous commençons à peine.

Inutile de tenter la traversée du lac dans ces conditions. Nous mettons toutefois à profit l’après-midi pour parcourir à pied les 6 km qui nous séparent de l’entrée du parc national Los alerces

et nous enquérir des différents règlements à connaitre et à observer. Nous apprenons qu’il nous faudra nous acquitter d’un droit d’entrée dans le parc, qu’une autorisation nous sera donnée pour la descente en canoë et que le bateau qui n’a navigué que sur le Rio Santa Cruz, rivière exempte de la redoutable algo Didimo, échappe à la désinfection. Nous partons, rassurés, pour un dîner sans poisson.
Nous nous levons ravis de constater que le vent est tombé. Une magnifique brume baigne le lac.

Hélas, une fois au bord de l’eau, prêts à larguer les amarres, le vent reprend de plus belle. Nous trainons tristement le bateau jusqu’à ce qu’il n’y ait plus que le lac face à nous. Nous nous retrouvons alors face à nos vieux démons. Le cap pris pour cible une demi-heure auparavant toujours aussi petit et qui, une fois à portée de bras, demande encore un bon quart d’heure pour être dépassé. Les muscles en feu, je médite, au moins j’essaie, sur la longueur du canoë. La légende veut qu’il s’agisse d’un compromis entre glisse (plus une embarcation est longue plus elle glisse sur l’eau) et maniabilité (un canoë trop long n’est pas manœuvrable). Je trouve une explication plus prosaïque. La longueur du canoë est à mon sens avant tout destinée à préserver votre coéquipier d’un violent coup de pagaie, coup de pagaie lui signifiant votre mécontentement quant à l’énergie qu’il met dans la propulsion du bateau. J’envisage bien un lancée de pagaie puis y renonce à la perspective de perdre pagaie et coéquipier. Je me calme, et me fais plus philosophe. Enrico ne doit pas mettre moins d’énergie que moi, comme il doit tout autant douter de celle que je dispense. D’ailleurs, ne jette-il pas de petits coups d’œil par dessus l’épaule de temps à autres, m’imaginant surement en train de me tourner les pouces ? Nous avons la sensation de reculer.
Le vent faiblit, nous arrivons à l’entrée du parc national. Nous payons le droit d’accès, nous enregistrons pour la descente, pas de rapide, juste des passages un peu étroits, nous disent-ils, et nous voyons remettre un règlement de pêche additionnel incroyablement complexe et une prévision météo pas facile facile, non plus.

Nous reprenons notre avancée, le vent toujours de face, et arrivons dans un camping au paysage idyllique.

Nous nous jetons sur l’épicerie (la combinaison d’ordinaire bien tendue recommence à faire des plis).
Nous mettons les voiles au matin, non sans avoir demandé au patron de prévenir les rangers de notre départ par radio. La rivière, émeraude, est magnifique.

Nous ne tardons par à comprendre le sens de la réglementation halieutique pour le moins restrictive. Des truites partout. Pas une seule petite. D’ailleurs, nous dépassons bientôt des pêcheurs à la mouche, juchés sur un rafting à fauteuils de dactylos. Nous enchainons les quelques rapides, effectivement étroits parce que jonchés d’arbres morts dressés au milieu du lit. D’ailleurs, nous nous frottons de trop près à l’un d’entre eux et mon sac étanche doit succomber, déchiré par une branche qui a résisté à notre joyeuse dérive dans un courant mal négocié.

Néanmoins heureux de ne pas avoir ladite branche dans l’estomac, nous atteignons le lago verde, passons à la maison des rangers pour nous déclarer toujours en vie et déjeunons. L’image du paradis (pour moi au moins), un lac (mais pas trop grand, 3 km pas plus), un canoë, des truites (un allemand ?)... Nous poursuivons après une sieste

sur ce rivage idyllique.

Le camping sauvage est interdit dans le Parc national. Aussi, nous débarquons en fin d’après-midi dans un de ces charmants campings agrestes avec notre pêche du jour, une jolie truite de 2 kg.

En cette fin d’été, le camping a été vidé de toute trace de bois mort par les estivants qui nous précédent et nous traversons la rivière pour un chargement de bois sur l’autre rive.

Notre amour propre en prend un coup au retour quand, incapables de faire partir le feu avec les moyens du bord, nous devons exhumer du fond du sac un start fire que nous n’avons jamais utilisé, même en Laponie (merci l’écorce de bouleau, magique). Mais après tout ne sommes-nous pas dans une forêt humide ? Il nous reste un demi oignon de la veille. La truite en papillote, quelques bières, le paradis en version nocturne…

Comme il se doit, une journée idyllique précède une journée difficile et nous délaissons le canoë pour une randonnée. Sur le chemin, nous trouvons l’embarcadère du bateau pour la forêt d’alerces millénaires qui a donné son nom au parc national. Nous attendons un bon moment avant de nous entendre dire sans ménagement que la bateau est complet. Il est trop tard pour entreprendre l’ascension dont, de toutes façons, nous ne trouvons pas le départ.

D’ailleurs la météo se dégrade. Nous en sommes réduits à arpenter le chemin botanique du parc national (fort bien fait au demeurant) et à apprendre, dictionnaire en main, l’usage que faisaient les indiens mapuches de tel ou tel arbre.

A 3 heures, nous pensons au dîner et décidons d’aller pêcher. Nous prenons deux jolies truites et pensons avoir conjuré le mauvais sort mais nous nous perdons dans la remontée. Nous arrivons à bout de force au camping et, ultime déchéance, achetons du charbon de bois.
La nuit a été pluvieuse et c‘est un délicieux moment que d’enfiler la combinaison trempée le lendemain. Le vent nous est favorable et soulève de jolie vagues sur lesquelles nous essayons de surfer (enfin surtout Enrico, moi je bataille pour garder le cap…). Le vent se calme et le pique-nique est sympa au milieu des arrayanes, ces arbres à l'écorce orange (un fort bon combustible d'ailleurs).

A 4 heures, nous finissons notre étape, un peu plus loin que prévu. Un campamento (pas de table ni de sanitaire, aucun équipement si ce n’est … des emplacements pour le barbecue. N’est pas argentin qui veut…) désert nous attend. Une tentative de pêche infructueuse dans le lac

et une petite marche jusqu’à l’épicerie du prochain camping. La traversée de la Patagonie en autonomie est bien loin…
Pour notre dernier jour, nous partons alors que la pluie commence à tomber. Le vent souffle.

Nous sommes ballotés jusqu’à Villa Futalaufquen d’où, sous la pluie battante, nous attendons le bus pour Esquel.

De jolies douleurs dans les lombaires, nous nous promettons de jeter un coup d’œil aux étirements conseillés pour la pratique du canoë. Arrivés à Esquel, la patronne du camping nous propose une chambre en raison des fortes pluies attendues. Nous acceptons.









































