lundi 26 janvier 2009

Vouiquende à la montagne

Toujours à la recherche de l'aventure, nous voilà partis de Lyon pour le Mont Blanc un vendredi matin.


Première (demi) journée : aller chez Pascale à Notre-Dame de Bellecombe

Déjà la Savoie nous montrait ses plus beaux paysages...


... depuis la voiture bloquée deux heures pour cause de ... neige.

Une fois réunis chez Pascale...


... nous avons absorbé une bonne quantité de glucides adaptés aux efforts intenses


Deuxième journée : étape de liaison en raquettes

Ca devait être une simple balade en raquettes.


Mais tout a dérapé. Les sportifs étaient en fait des excentriques.


David voulait être photographié nu dans la neige.




Raphaëlle voulait séduire

par tous les moyens



le conducteur du chasse neige


Gwenaël faisait des bonhommes de neige


avant de les démolir frénétiquement


Il a fallu resserer les boulons autour d'un vin chaud


Et nous sommes arrivés, juste avant la nuit, ouf...


Troisième journée : ski et finish en parapente

A la location des skis, le concours de mode, c'est moi qui l'ai gagné.


Et nous avons pris les pistes de notre style fluide et relâché.

Le Mont Blanc était enfin en vue...



... et la voile de Gwen. Il est pilote de parapente. A croire que Pascale l'a choisi pour nous !


Le décolage, un moment délicat pour les nerfs. Peut-on faire confiance à un blond ? Trop tard, mes skis ne touchent plus par terre !



L'envol, le pied ... une fois que la cîme des premiers sapins est passée.



Et la Savoie vue du ciel.


Yann Arthus Bertrand a plus qu'à aller se rhabiller.

Un grand merci à Pascale et Gwenaël !

vendredi 16 janvier 2009

Mes copines suédoises en résidence

Voici le récit que mes copines suédoises Anna et Emma ont fait de leur séjour en France pendant les fêtes. En représailles à des commentaires désobligeants sur mon anglais, pas de traduction ! na. Postez un commentaire si vous ne comprenez pas qqch.

This is the story of two Swedish spies going to France via Berlin, catching up influences along the way.

We arrived in an icecold Berlin on December 30th. Everything worked as planned – we met our man in Berlin, he took us to the appartment where we should stay the night, and then he left.

Rumours said he went to Marseille. Time for planning... 
In Berlin we tasted chopped sausage drowned in curry. Strange? We don’t know. We also noticed people had hats covering their eyes and scarves up to their noses. Were they spying too?

30 hours passed and in the early dawn we crossed the border to France. On the train we noticed that French people looked more dressed up (but no white socks with sandals !). None of them was eating what we now know is called “curry wurst” (french people would'nt accept that !).

When passing Avignon, at 04.38 AM December 31st, we had everything under control. Time to meet the two competitors!

Enrico et moi

They might look like friends, but under this happy surface there are deep battles going on.


Marseille. Mid winter time, and sun? Strange for us Scandinavians. We felt sorry for our colleagues back in Stockholm – minus 15 degrees Celsius! Why don´t all French people live in the south with this lovely climat? In Les Calanques de Marseille we found a boy band on tour.

Emma, Enrico et moi dans les calanques.

The German and the French kept on with vivid discussions concerning whether TGV is better than ICE (our journey to Paris made it difficult for ICE, I'm afraid Enrico), whether Versaille is a terrific or horrible place, whether German or French is the language which all other languages (like Swedish!) derives from.


However – the German agreed that Marseille was warm and nice, and in a weak moment (at 05.12 AM on January 1st to be exact) he promised not to be rude to The French or the French people or to France whatsoever (I checked this word. This is a proper one ! Word of the day for me) for the next two days. His well willing “promise” might have vague connection to this: Ti-punch at New Years Eve (german brains don't bear Ti-punch !).


TGV left in time (of course. French people don't applause when the train is late !). Arrived in Paris at 11.38 PM, January 1st. Cold again.

Anna, Enrico et moi

Our man in Paris showed us his apartment in the rough neighbourhoods of Barbès-Rochechouart. People around here have opinions and are not afraid to share! Whether Anna share these opinions we leave unsaid, but here she is posing:

I love this picture. Anna's shade is funny and it may have a philosophical meaning linked to the sentence but I can figure out which one. Let's think about that !


We couldn´t wait to read the statistics of how many cars the French burned during 2008. It turned out it was a new record (?) 1147 cars ! I'm afraid. I should have explained it three times and not only two but 1147 cars were burnt during Saint Sylvester's night (not all year, don't underestimate french people, please !)

Car burning – together with ti-punch drinking – must be the national sports of France.


These two, but also : To move to South of France!

At Musée d´Orsay we couldn’t help but notice that this is quite an old national sport, a trend set by the old painters! Par exemple Renoir: born in Limoges, died in Cagnes and Matisse, born in Le Cateau-Cambrésis, died in Nice.


Strolling around in Paris, watching historical monuments, we started to recognize a certain way of dressing. The scarves up to the nose where back, and now it was obvious: just Italian tourists showing off their new and fashionable winter clothes.

Enrico, please, could you photoshop this picture to delete this "stupid tower" and keep only this famous, amazing and exciting bridge.


And the boy band seemed to follow us everywhere!

Enrico, you really fit with the emptiness !




A couple of days later it was time to go home. We searched desperately to find recent and reliable statistics of how many cars the Swedes had burnt during 2008 (probaly not as many in one year as French for the eve). Unfortunately but not surprisingly we didn’t find any. Regarding this issue, we’re quiet sure that France wins! Always will…

Even tough the two cities of Berlin and Paris welcomed us with the not so welcoming –5 degrees Celsius, we still did the right thing going abroad after Christmas: When back in Stockholm it was –20 and we couldn’t help but dream ourselves back to warmer latitudes!

It was fun...

jeudi 8 janvier 2009

L'année 2009 sera culturelle

Dès le 3 janvier, j'étais au Musée d'Orsay avec mes amis suédoises et allemand. On est tombé en extase devant un tableau :

As soon as January the third, i went to Orsay museum with my swedish and german friends. We found an amazing painting :


Reconnaissez qu'il est fantastique ce citron. On est rentrés très inspirés et on a voulu s'essayer à composer un tableau par nous même.

I'm sure you'll agree with me that this lemon is a pretty good one. We came home very inspired and we wanted to try a composition.


Bon sang c'est vrai que ça fait mal à la tête la culture.

My god tha's a fact that culture gives headache.

Comme tout lieu culturel (si si), ce blog se doit de s'ouvrir aux influences étrangères. Aussi, j'ai donné cartes blanches à mes amies suédoises, Anna et Emma, pour nous narrer leur voyage en France. RDV dans quelques jours et bonne année à tous...

Like all the cultural places (yes it is), this blog has to be open to abroad. That's why i gave the key of this blog to my swedish friends, Anna and Emma. They will tell us their trip in France. Let's see that in a few days and happy new year !

mercredi 19 novembre 2008

Des fusils, des germes et de l'acier

Vous vous souvenez de Mike Horn, cet aventurier qui avait inspiré mon épopée (avortée) Paris-Rouen ? Et bien, figurez-vous qu'il repart. J'ai lu ça chez le kiné où je soigne mes genoux (...). Son projet, c'est 100.000 km. Comme la terre fait que 40.000 km de circonférence, il va zigzaguer pendant 4 ans. C'est sa femme qui va être contente...

Bon enfin, c'est pas de ça que je voulais parler (allez jeter un oeil sur le site, www.mikehorn.com). La page d'après, un article sur Jared Diamond. Là l'exploit est plus intellectuel : ce gars ne propose ni plus ni moins que d'expliquer pourquoi en partant d'un ancêtre commun les différentes civilisations sont parvenues à des niveaux de puissance tellement différents que les européens ont pu prendre relativement facilement le dessus sur les autres, entre le 16ème et le 20ème siècle. Donc là, ni une ni deux, j'ai couru (ouïlle) à la librairie.

Tout parait toujours très clair quand on lit (enfin non pas tout...) mais c'est quand on veut écrire un petit résumé que ça se complique : d'abord on retrouve pas la page où c'est qu'i parle de la domestication du dindon en Mésoamérique et puis quand on l'a, on comprend plus pourquoi que l'indien d'Amérique y bat l'aborigène australien, que ça l'auteur il le sait sans doute pas et qu'il nous mène en bateau depuis le début et d'abord pourquoi que je lis ce bouquin et que je fais ce blog, que je ferais mieux d'aller boire une bière avec les copains. Bref, je m'essaie à un résumé pas trop assommant :

Première étape : le passage du statut de chasseur cueilleur à celui d'agriculteur éleveur

Avis à ceux tentés par la néo-ruralité, pour passer du stade de chasseur cueilleur au stade d'agriculteur, il faut d'abord des céréales sauvages ... lourdes et un climat propice.

Figurez-vous que les aborigènes d'Australie (qui étaient toujours chasseurs cueilleurs quand les Européens ont débarqué malgré un "départ assez rapide", les premières peintures rupestres étant à mettre à leur actif, il y a 40.000 ans) ne disposaient que de deux des "56 espèces d'herbes sauvages aux grains les plus lourds" (et encore elles étaient en bas de tableau). Pour arranger tout cela, l'Australie dispose d'un climat parmi les plus secs du Monde (notamment du fait de l'absence de haute montagne) et d'une terre peu fertile (du fait de l'absence de volcans et de glaciers). Il existe peut être des technologies et des systèmes agricoles permettant contourner ces difficultés mais l'isolement indéniable de l'île n'en a pas favorisé l'émergence (disons que le brain-storming à deux au kilomètre carré, ça marche pas fort !), et ce sont les colons qui ont apporté des plantes méditerranéennes qui ont bien réussi par la suite.

Deuxième étape : de l'agriculteur éleveur à l'inventeur

Figurez-vous que c'est l'agriculture qui a créé la bureaucratie. Et ouai, c'est pas l'ENA. N'allez pas le dire à nos paysans, vous prendriez un bon coup de fourche... En effet, l'agriculture a permis de produire plus que la chasse et la cueillette tout en sédentarisant les populations. Des improductifs (chefs, artisans, bureaucrates, religieux...) donc pu être nourris en prélevant une dîme sur les stocks qu'il était désormais possible de constituer et de conserver. Les bureaucrates ont pu administrer des royaumes en inventant l'écriture. Les artisans ont quant à eux permis un essor des techniques : outils agricoles, roues... Tout ça pour le compte de chefs aidés par des soldats qui guerroyaient (avec des armes en acier puis des fusils) et des religieux qui justifiaient tout ça (c'est écrit tel quel !). Donc seules les sociétés agricoles ont pu développer les techniques.

Et encore pas toutes. Les néo-guinéens, voisins des aborigènes australiens dont je parlais à l'instant, dotés de montagnes et de volcans, ont développé une agriculture. Mais, ils n'ont pas été au delà du stade des tribus agricoles contrairement aux civilisations aztèques et mayas. Et bien là, on peut avancer que la population néo-guinéenne était limitée, fragmentée (au sein de vallées impénétrables), autant de phénomènes peu favorables à la centralisation et donc à l'innovation technologique endogène. L'isolement géographique de la nouvelle Guinée vis-à-vis des autres continents a, quant à lui, interdit l'innovation technologique exogène (générée par l'extérieur).

En effet, si la "centralisation agricole" est indispensable au développement des techniques, ce sont les échanges qui permettent réellement leur essor.

Troisième étape : Innover n'est pas diffuser

On a découvert que des zones considérées aujourd'hui comme les plus productives d'Amérique n'ont été cultivées qu'à l'arrivée des colons européens. A l'inverse, l'ensemble de l'Europe a été cultivée en quelques milliers d'années, la plupart des cultures étant importées du Croissant fertile. Pourquoi, les cultures n'ont pas voyagé de la même façon en Amérique ?

Et bien en fait, il est plus facile de voyager d'Est en Ouest sur un front large que du Nord au Sud sur un front étroit ! Je m'explique. Il a été facile aux cultures de s'étendre sur toute l'Eurasie puisque la lattitude y est assez homogène et avec elle les variations saisonnières et journalières de l'ensoleillement et de la pluviométrie : des caractéristiques essentielles pour les plantes. Cela ne signifie pas que le climat y est uniforme mais la "largeur" de l'Eurasie permet de contourner les déserts, les montagnes... Ainsi les Balkans ont par exemple été cultivées 2000 ans après le croissant fertile. A l'inverse, certaines cultures ont voyagé très lentement entre le Nord et le Sud de l'Amérique du fait de la variété des climats liée à la lattitude (mais également l'altitude). Les plaines chaudes de l'isthme de Pananama situées entre les hauts plateaux mexicains et andins ont ainsi été un obstacle majeur du fait de l'étroitesse de la bande de terre (60 km de large) ne ménageant pas d'autre "route climatique" possible pour les cultures et les hommes. Pareil en Afrique subsaharienne : il y a une zone méditerranéenne en Afrique du Sud mais les cultures n'ont pas passé la zone tropicale.

Bon enfin ça explique pas pourquoi les Espagnols étaient plus forts que les Aztèques et les Incas (les deux seuls états comparables à ce qui existait en Europe quand les conquistadors ont débarqué). On sait en effet que les populations américaines et européennes étaient d'un ordre comparable, l'avantage lié aux domestications végétales (et animales, nous le verrons) n'a donc pas été tellement prépondérant. En fait cette difficulté de déplacement des cultures agricoles ne fait que refléter la mobilité limitée des populations sur le continent américain du fait de la diversité des climats et des milieux. D'où pas d'essor des techniques. En effet, les innovations qu'elles soient agricoles ou technologiques ne se sont pas diffusées, généralisées et entraînées les unes les autres comme ça s'est passé en Eurasie. L'écriture est restée confinée à l'empire aztèque alors que les Incas disposait d'un système très archaïque. La roue inventée au Mexique n'a jamais atteint les Andes où elle aurait rencontré le lama (ce qui aurait probablement fait son malheur, il est vrai). Voilà pourquoi ce sont les Espagnols qui avaient des fusils (en petit nombre, leur rôle a été assez accessoire) et surtout de bonnes cottes de maille et des épées (en acier) là où les Américains n'avaient que des gourdins.

Les Espagnols avaient aussi des chevaux. Selon la légende, cela les fit passer pour des Dieux auprès des locaux. En fait, l'impact des mammifères a été beaucoup plus prosaïque.

Quatrième étape : N'oublions pas les effets collatéraux de la domestication des mammifères !

Et oui, j'ai oublié de vous dire que l'Eurasie comptait 72 mammifères candidats à la domestication (13 l'ont été). Beaucoup moins de candidats et une seule domestication en Amérique (le lama, autant dire que pour labourer un champ...), aucune en Afrique subsaharienne et et ne parlons même pas de l'Océanie.

C'est super important les mammifères, surtout quand ils sont gros et domesticables, ils permettent de manger (même pas domestiqués vous me direz et puis les poissons ou les oiseaux ça se mange aussi, mais attendez la suite), de boire des laitages, de se déplacer, de se vêtir, de labourer, d'amender son champ ... Mais en fait, comme je l'ai déjà dit, la population eurasiatique n'était pas tellement plus importante que la population américaine donc l'avantage que constitue la possession des mammifères n'a été pas été tellement significatif (malgré la possibilité de faire du labour !). Avant les premiers contacts tout au moins...

Mais appesantissons-nous d'abord quelques instants sur les raisons de ce déséquilibre (pourquoi qu'y avait que des chiens, des lamas et des cochons d'Inde en Amérique ?). En fait, il y avait d'autres espèces potentiellement candidates à la domestication en Amérique avant l'arrivée des premiers Américains (en fait des Sibériens voyageurs). Mais ces derniers n'ont rien trouvé de mieux que de les exterminer. En effet, l'Amérique a été peuplée très tardivement (comme la Nouvelle Guinée et l'Australie) par des hommes déjà évolués. Les grands mammifères probablement très curieux et pacifiques se sont faits exterminer là où leurs homologues eurasiatiques avaient eu le temps de s'adapter à la dangerosité croissante de l'homme (on s'est séparé du singe il y a 7 millions d'années). J'aime bien cette histoire cruelle et amusante (ou l'inverse) mais il se pourrait aussi que ça soit plutôt dû à un changement climatique (c'est beaucoup moins fun pour le coup).

Donc, revenons à nos moutons : les mammifères, s'ils n'ont pas permis à la population de l'Eurasie de devenir beaucoup plus nombreuse que celle du continent américain, et bien ils ont permis de filer des maladies. On estime en effet que 95 % des habitants du nouveau monde ont été décimés par la rougeole, la variole, la grippe, etc...autant de germes dérivant de souches infectant initialement le bétail. C'est donc la promiscuité entre les hommes et le bétail qui a permis le développement des souches humaines dont les populations d'Eurasie se sont bon an mal an accommodées mais qui ont été tellement meurtrières dans le nouveau Monde. Ne parlons pas des populations de chasseurs cueilleurs qui vivaient en petites bandes et sans bétail, un vrai désastre. Bon je fais vite, je vous passe l'histoire de la rougeole dans les îles Féroë, des esquimaux Sadlermiut anéantis par la dysenterie et plein d'autres cas d'école passionnants...

Conclusion :

Donc, il y a la répartition originelle des espèces animales et végétales domesticables. Mais, ça n'est pas suffisant, voire même secondaire. On voit en effet que malgré un climat et des espèces propices à la domestication (et donc en théorie aux artisans dès lors qu'il était possible de les nourrir), la nouvelle Guinée n'a pas dépassé l'âge de pierre. A l'inverse, l'Europe de l'Ouest qui ne compte pas parmi les foyers originels de l'agriculture a développé très fort ses techniques. En effet, les possibilités de mobilités des hommes avec leurs cultures végétales et animales et leurs techniques sont également très importantes. A ce jeu là, les continents vastes (donc potentiellement très peuplés), d'est en ouest (donc sans barrière climatique et écologique infranchissable) et ont été avantagés. Suivez mon regard... Si l'on ajoute à cela le "petit coup de pouce" qu'a constitué la disparition d'espèces de mammifères domesticables et leurs germes dans ce qu'on appelle le "nouveau monde", on obtient le rapport de force que l'on sait...

Le but de l'auteur était de démonter la thèse d'une inégalité entre les races, la boucle est bouclée. Je vous avoue que les logiques sont tellement géniales que ça me laisse parfois un peu sceptique surtout après m'être arraché les cheveux à écrire ces quelques lignes. J'attends avec impatience vos questions pour aller plus loin.

Question subsidiaire : Pourquoi ce sont les Européens qui ont colonisé le reste du Monde et pas les Chinois ?

Au même titre que les Européens, les Chinois ont bénéficié des avantages du continent eurasiatique. Ils ont développé des inventions (comme la poudre à canon, la fonte, le papier, la boussole...) qu'ils ont échangées avec les européens ... mais ils n'ont pas envahi le reste du Monde. En fait l'auteur nous apprend qu'outre une différence de philosophie, les Chinois ont pâti d'un gouvernement ... centralisé. En effet, une décision de l'Empereur pouvait sonner le glas d'une invention dans toute la Chine alors qu'il y avait x rois à qui s'adresser en Europe. Ainsi, l'italien Christophe Colomb pour son projet de rallier les Indes par l'Ouest chercha un mécénat auprès des Portugais, du Duc d'Anjou et finalement des Espagnols. Finalement, allez vite dire à notre président de pas convaincre les Irlandais de revoter, le bordel européen c'est une chance ! Vive les plans de relance de l'économie allemand, italien, letton, turc...

Question complémentaire :

Quel avantage décisif, je dis bien décisif, la caste de bureaucrates chômeurs bloggeurs va-t-elle conférer à l'Europe de l'Ouest dans la course à l'évolution humaine ?

mercredi 15 octobre 2008

Ah la justice !!

Bon, pas grand chose à se mettre sous la dent, ces temps-ci. Pas beaucoup envie de sortir... Envie d'éteindre la radio dès que je l'allume (mais ma maman m'a interdit de parler de politique sur mon blog). L'impression qu'on met la France en coupe réglée pour le bonheur d'un petit nombre et de rien piger à cette crise, d'être manipulé et au final probablement le dindon de la farce, j'en dis pas plus...

Alors l'autre jour, je me décidais quand même à mettre le nez dehors pour aller visiter la conciergerie. Vous savez les tours médiévales qui donnent sur la Seine au niveau de l'Ile de la Cité, en face de la place du Chatelet. Je voulais prendre un peu de hauteur, les vielles pierres m'y aideraient.

Marie Antoinette a été emprisonnée à la Conciergerie et, forcément, on y apprend plein de choses fort intéressantes sur cette formidable innovation sociale qu'a été la guillotine. Songez en effet, qu'au Moyen âge, les criminels étaient écartelés, brûlés, bouillis ou enterrés vivants... Certains chanceux étaient pendus... après avoir été trainés par un cheval. Les voleurs avaient les mains coupées et les violeurs... Donc, merci aux Lumières qui se sont dits que la prison et les amendes étaient plus humaines que les coups de fouets et que les exécutions devaient être, disons... sobres. Le peuple ne fut pas de cet avis puisque, réuni en masse sur la place de grève pour assister à la première exécution à la guillotine, il fut fort déçu (peut-être aurait-t-il sifflé la Marseillaise si on l'avait jouée (et alors ai-je envie de dire, c'est pas un crime)...), par ce spectacle, un peu, disons... court en bouche. Mais bon c'est vrai que, sans doute trop fiers de leur nouveau joujou, les révolutionnaires en ont par la suite un peu abusé, ce qui a dû compenser.

Et puis méditant sur mes découvertes, j'aperçois dans le chapiteau d'une colonne une scène... étonnante. Très choqué par le spectacle, la main tremblante, j'empoigne, mon appareil photo, moi.


Mais que fait Madame avec l'appareil de Monsieur dans la main. Etait-elle jalouse ? Etait-il un violeur ? Toutes les hypothèses les plus folles me parcourent. Et moi qui voulait me resourcer en ces temps de tsunami financier comme on dit...

Et bien renseignements pris, Madame, bien née (en 1101), était promise à un belle avenir. Mais elle s'est éprise de Monsieur, poête-philosophe de profession et séducteur patenté. Ils ont eu un enfant. Ca n'a pas plus à l'oncle de Eloïse qui a embauché des hommes de main ... et vous imaginez la suite (couic couic). Heureusement, la passion d'Eloïse pour Abélard (le poête philosophe) et vice-versa a survécu à cet incident (on se demande comment mais on est ravi de le savoir).

Les hommes de main furent arrêtés et victimes du sort qu'ils avaient infligé au malheureux (ce qui est bien le moins). Ah j'oubliais, on leur a aussi brûlé les yeux. Quant à l'oncle vengeur, on lui a confisqué certains de ces revenus.

Ah, justice quand tu nous tiens... mais pas de politique vous dis-je.

lundi 22 septembre 2008

Vive le Louvre...

Il y a quelques années, alors que je me baladais aux abords du Louvre, j'ai voulu savoir de quelle époque datait le palais. J'ouvrais mon guide vert. Voilà ce que je vis :



Je refermais le guide vert...

Mais depuis, ça me travaillait. Ce week end, une charmante guide m'a tout expliqué. L'apparente homogénéité du Louvre tient à la personnalité particulièrement humble de ... Napoléon. Il a en effet demandé à ses architectes Percier et Fontaine d'agrandir le Louvre en respectant le style initial. Ainsi tous les agrandissements du XIXème siècle s'inspirent du style Renaissance.

Donc récapitulons :

François Ier :



Louis XIV :

Au premier étage, la chambre du roi. De l'autre côté de la Seine, il a fait construire l'Institut de France pour ... avoir une belle vue depuis son lit.


Il préférait Versailles mais pas au point de vivre dans un taudis quand il passait à Paris...

Ajouts de Percier et Fontaine au XIXème :


Bon, Napoléon, il avait ses jours parce qu'il a quand même passé une soufflante à ses architectes quand il a vu l'arc de triomphe qu'ils lui avaient construit.



Beaucoup trop petit. Il a ordonné qu'on lui en construise un plus grand... avec les Champs élysées pour y faire défiler son armée.

Avec ça, j'ai révisé mon histoire de France. Pas brillant. J'ai appris que Paris avait été sous la domination des anglais pendant près de deux siècles. Je vous prie de croire que le coup a été dur... Déjà qu'ils ont gagné la coupe du monde de rugby, sans parler de Jeanne d'Arc... Heureusement que j'ai appris que les premiers trottoirs d'Europe, et bien OUI MONSIEUR, ils sont français. Ils sont sur le pont neuf et ont les doit à Henri IV. L'honneur est sauf.

vendredi 19 septembre 2008

Ce fiasco !!

Juste après être rentré d'Ecosse, à la fnac, j'ouvre le bouquin d'un mec qu'a fait le tour du monde par ses propres moyens en suivant l'Equateur. J'en lis un passage. En Amérique centrale des guérilleros le prennent en bateau pour qu'il évite une zone où ça chauffe. Arrivé à destination, le mec qu'est du genre têtu et qui s'appelle Mike Horn (avec un nom comme ça, obligé tu deviens aventurier) et ben il marche 50 kilomètres pour revenir au point de départ et refaire le chemin PAR SES PROPRES MOYENS..

Alors moi, ça m'a fait cogiter ça. 50 kilomètres en une journée. D'autant que je sais que tous les mecs qu'écrivent des romans d'aventure carburent à ce rythme là, au moins dans leurs bouquins. Alors l'autre samedi me voila parti le long du canal de l'Ourcq. 25 kilomètres aller et 25 kilomètres retour. Bon d'accord, c'était pas la jungle, juste le 9-3, et le dénivelé était léger, mais bon, les portes de l'aventure m'étaient ouvertes.

Donc en fin de semaine dernière, il faisait beau, j'avais du temps et j'en pouvais plus de voir la trombine au pape partout à la télé. Je me suis dit c'est le bon moment pour aller à la mer ... à pied. Je regarde sur internet. Il y a un GR Paris-Le Havre. Je vais au vieux campeur pour acheter le topoguide. Plus édité. Il me faudrait une carte. Je ressors avec une carte l'Ile de France à vélo au 100 000ème et une carte routière de Normandie au 200 000 ème sur lesquelles apparaissent le GR. Comme les mecs qui vont se balader en Sibérie ou dans la pampa argentine : pas moyen de trouver une carte détaillée dans ce pays (j'aurais pu acheté il est vrai des cartes topo mais il m'en aurait fallu une collection et puis ça aurait pas fait Mike Horn). Sur internet, je trouve le site d'un mec qu'a fait le GR et qui donne quelques commentaires (et ouai y a des gens qu'écrivent des trucs utiles sur leur site...). En gros, il explique qu'il s'est parfois paumé même avec le topoguide, qu'il y avait des portions de chemins embroussaillées, qu'il s'est fait mal partout et qu'il a fini en voiture avec sa femme, le gros nul.

Comme je veux pas louper la fête du patrimoine ce week end à Paris (que j'ai réussi à louper depuis 5 ans), j'opte pour un objectif Triel sur Seine - Rouen. J'ai à peu près 3 jours pour faire 150 bornes d'après les indications. Donc le mercredi matin je saute dans le train pour Mantes la jolie. Manque de bol, c'est pas la bonne branche, il désert pas Triel. Là, j'hésite entre deux postures : "si tu te perds en y allant c'est pas gagné" et "se perdre, ça c'est fait, dégagée de cet impératif, la rando va être tranquille"

Bref me voilà à la gare de Triel avec une bonne demi heure de retard, prêt à chercher l'aventure. Sur les chemins d'Ile de France, c'est compliqué, il faut toujours avoir l'oeil sur les traces de GR et des fois c'est pas très bien indiqué, donc il faut s'arrêter, ça coupe le rythme, pas moyen de tenir les 5 km heure (quand au 7-8 km heure dont parle le mec sur son site, je savais même pas que c'était possible de marcher à cette allure).

Il fait assez chaud (et moi qui n'ai rempli que ma petite bouteille en partant de chez moi) et mes pompes sont lourdes comme du plomb. Mais bon, au moins je peux photographier tout à loisir les antennes relais


ou les centres d'enfouissement des déchets.


Mais il y a aussi de forts jolies églises.


Mais bon, c'est dur. Vers 15 heures, j'arrive à l'agonie dans un village où je fais le plein d'eau pour cuisiner mon purée jambon déshydraté. Une analyse d'urine menée in situ contre un arbre me confirme que comme lui que je manque un peu d'eau. Ca commence pas très bien. J'ai mal en dessous des pieds. Il me revient que ça m'avait déjà picoté la plante des pieds en Suède et que j'avais constaté qu'il n'y avait plus de semelles dans mes chaussures. Je m'étais naturellement juré de régler ça à paris avant de repartir où que ce soit. Je repars.

Vers 18 heures je commence à me dire, qu'avec ce GR je risque pas de me faire emporter par une crue vu que j'ai pas vu une fois la Seine depuis mon départ alors qu'il est censé la suivre. Il est vrai qui si on suit les méandres on en a pour 8 jours, entre les usines peugeot et les centrales électriques, qui plus est.

Mais, c'est là que le prodige se produit :


Me voilà dans un fort joli coin. Le morale remonte et je descend au village, déjà bien mort, les jambes dures et mal au dessous des pieds alors que d'après mes calculs je n'ai fait que 38 kilomètres. Qu'à cela ne tienne, je prend un cookie à la boulangerie et une bière au bistrot (c bien connu que c'est le pinard qu'a gagné la guerre) et me voilà reparti en haut des falaises qui dominent la Seine. Je contemple la vue depuis une chapelle troglodyte


et un peu plus loin, un coin sympa pour dormir.


Je n'ai fait que 45 kilomètres en près de 10 heures de marche. Mais je me dis que c'est la mise en route et que je rattraperai mon retard demain.

Le lendemain, parlons-en, après une nuit à me cramponner à mon matelas pour ne pas glisser (grisé par l'endroit, j'avais sous estimé la pente), j'ai les jambes toutes raides et toutes dures, obligé de marcher comme un GI Joe. Mais bon ma devise aujourd'hui sera : boire plus pour manger plus, et inversement.

Vers 10 heures, je décide de mettre du PQ dans mes chaussures pour simuler une semelle et faire en sorte que ça soit la voute plantaire qui portent mon poids et pas mes doigts de pieds qu'en peuvent plus. Ca semble marcher quand je repars.

Je m'arrête pour manger vers midi. Je n'ai fait qu'une douzaine de bornes, je viens à peine de passer sur la carte de Normandie... Obligé de revoir les objectifs. je m'arrêterai vendredi soir à Igoville, dans la banlieue de Rouen où la carte me dit qu'il y a une gare.

A quinze heures, je m'arrête pour remettre du PQ dans mes chaussures. Je pense qu'il s'est tassé. En fait, sous l'effet du frottement, il s'est désagrégé. Et là, dans cette charmante bourgade de Pressagny l'orgueilleux (ça ne s'invente pas), c'est le coup de grâce. Jem dis que c'est pas tellement drôle de marcher quand on a mal et que c'est un coup à se faire mal ailleurs que d'insister (ah la sagesse de la trentaine approchant!!).

Je passe le reste de l'après midi au bord de la Seine à regarder passer les gigantesques péniches, activité convenant parfaitement à un Rateau comme l'aventure à un Mike Horn.